navlang

Adieu à Jules Greber †

Naissance29.09.1939Greber Jules
Ordination10.04.1965
Rhodésie/Zimbabwe : Pastorale dans les diocèses de Gweru et Masvingo : Zvishavane, Moyo Musande, St. Joseph, Berejena, Silveira, Beitbridge, Masvingo

1967-2017
Doyen, membre du conseil régional SMB, conseil épiscopal, membre du conseil général SMB, supérieur régional SMB
1977-2017
Driefontein/Immensee : retraité2017-2019
Décès8.07.2019
« Partagez votre pain avec l’affamé, hébergez les pauvres sans abri, habillez celui qui est nu. »
(Isaïe 58,7)

Jules, un homme aimable

Jules Greber est né à Schötz (LU), dans une fratrie de 7 enfants. Une famille unie et joyeuse, dans laquelle il apprit à partager et à tenir compte des autres. Une belle préparation à la prêtrise et à la vie missionnaire. Il poursuivit ses études à Rebstein et à Immensee, puis étudia la philosophie et la théologie à Schöneck. Après son ordination, il partit pour Londres étudier l’anglais afin de se préparer pour la mission en Afrique – son vœu le plus cher – qui fut réalisé dès 1967.

Un travailleur infatigable

Arrivé sur place, le missionnaire doit d’abord apprendre à connaître la langue et la culture du lieu ; ce que fit Jules en étudiant le shona avec énergie et talent : il put bientôt parler et prêcher librement dans cette langue. Il œuvra en pastorale dans différentes paroisses du diocèse de Gweru : Zhishavane, Moyo Musande, St. Joseph’s, Berejena, Beitbridge, Silveira, à nouveau Beitbridge et Masvingo. Beitbridge, près du fleuve Limpopo, ville frontière avec l’Afrique du Sud, est extrêmement chaude et c’est là qu’il vécut le plus longtemps : 15 ans au total. Brûlé par le soleil, mais toujours en bonne santé, Jules venait participer aux assemblées SMB à la maison régionale de Driefontein avec un large sourire, malgré 7 heures de route.

Partout le bienvenu grâce à son bon caractère, il fut bientôt nommé doyen pour de longues années. Il fut aussi élu membre du conseil régional SMB et du conseil épiscopal. Les confrères appréciaient ses idées novatrices et ses expressions parfois audacieuses et courageuses. Puis il devint supérieur régional et membres du Conseil général SMB de 1995 à 2003 tout en demeurant au Zimbabwe. Deux fois par an, il rentrait en Suisse pour des séances, car les vidéo-conférences ne fonctionnaient pas encore. Au nom du conseil général, il put visiter le Japon, Taiwan et des pays d’Amérique latine. Grâce à ses talents et à sa jovialité, il fit découvrir à beaucoup de monde ce qu’est le Royaume de Dieu. Il se souciait beaucoup de la formation des jeunes africains, en particulier à Beitbridge. Il y construisit deux écoles avec l’aide de la paroisse St Maurice de Berne. Les liens avec cette paroisse n’ont cessé jusqu’à sa mort par des visites réciproques. À Beitbridge se côtoient diverses tribus : Shona, Matabele et Venda. Bien qu’elles soient de langue et de culture différentes, Jules réussit à les unir en une seule et grande paroisse. La liturgie se déroulait dans les trois langues.

Jules, un homme concret et plein d’humour

L’avantage de Jules était le fait qu’il n’était pas du tout clérical, mais au contraire proche des gens dont il partageait les joies et les peines ; les gens le sentaient, c’est pourquoi il y eut beaucoup de larmes à son enterrement.

C’était un homme droit et bien vivant. Sa légèreté de vivre et son humour, il les devait à son modèle, son confrère Sebi Stocker de Buttisholz. Ils ont travaillé ensemble plusieurs années dans la même paroisse. Sebi Stocker était un parfait original : aimable, simple, humble, de tout cœur auprès des gens. On peut dire qu’il en était de même pour Jules. On était toujours à l’aise chez lui. Il y avait toujours à boire et à manger et un endroit pour passer la nuit dans sa cure.

Avec Jules, on pouvait discuter jusque tard dans la nuit, et pas seulement sur les résultats de Manchester United ou de Liverpool, ou des articles du ‘Time Magazine’. On trouvait de nombreux livres spirituels et théologiques dans sa bibliothèque ou sur son bureau. Jules était ouvert d’esprit et étudiait des nouveautés. Il aimait faire du shopping en Afrique du Sud ou aller au Mozambique pour rendre visite à son confrère et ami Alois Graf à Machaze. Et chaque fois, il apportait une bonne bouteille de whisky. Ces rencontres faisaient du bien à tous deux.

Malheureusement, Jules a dû passer ses dernières années avec des problèmes de santé. Il a été contraint de passer de Beitbridge à Mazvingo, puis à la maison régionale et enfin à Immensee (Suisse), à l’infirmerie. Au cours des derniers mois, il a eu plusieurs accidents vasculaires cérébraux, a perdu progressivement l’usage de la parole et a dû prendre une chaise roulante. Il fit la constatation amère qu’il ne retournerait plus jamais dans son Zimbabwe bien-aimé. En présence de Sr Margrith Achermann, la ‘femme au foyer’ de Driefontein, actuellement en congé en Suisse, ainsi que de plusieurs confrères en congé, il a pu sortir de son calvaire et à entrer maintenant dans le monde nouveau, que Dieu offre à ceux qui l’aiment, lui et son peuple.

Nous te disons : Au revoir, Jules ; nous te remercions pour tout ce que tu nous as donné. Nous croyons en une nouvelle rencontre avec toi.

Josef Chisten