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Adieu à Karl Stähli †

Pater Stähli Karl (Tschalaway) ist ein Mitglied der Missionsgesellschaft Bethlehem Immensee SMB / Schweiz im Einsatz in Taiwan.Naissance :  7.2.1937
Ordination :  21.3.1964
Animation missionnaire SMB :  1964-1967
Etude du chinois à  Xinzhu :  1967-1969
Curé dans le diocèse de Hualian, Daxi :  1969-1972
Formation continue à EAPI à Manille :  1973-1974
Curé dans le diocèse de Hualian, Luye :   1974-1975
Curé dans le diocèse de Hualian, Guanshan : 1978-1983
Animation missionnaire SMB :  1983-1985
Curé dans le diocèse de Gaoxiong, Taoyuan :  1985-2017
Décédé le :  18.3.2017

Tout le monde l’appelait ‚Tschalaway‘, d’après le refrain d’un chant populaire à l’époque de ses études. Ce sobriquet lui convenait particulièrement bien, lui qui savait créer un atmosphère agréable autour de lui.

Pas facile de résumer une vie aussi bien remplie :

Une vie en abondance

Comme pour nous tous, l’étude du chinois ne fut pas une mince affaire. Mais il avait une excellente mémoire. Cependant, il préférait discuter avec les gens dans la rue que d’être assis sur les bancs d’école.

Sa première mission fut dans la paroisse de Daxi, auprès d’une communauté Paiwan. À l’époque, il n’y avait pas encore de dictionnaire. C’est en regardant les lèvres des gens qu’il apprit cette langue indigène. Après son 1er congé, il a pu bénéficier d’une formation continue à l’institut pastoral de Manille, aux Philippines

De retour à Taiwan, il fut engagé dans la paroisse de Luye, où il eut le 1er contact avec la population des ‘Bunun’. Après une année déjà, on lui confia la paroisse bien plus étendue de Guanshan, dans la région montagneuse de Haiduan. Karl se mit alors à l’apprentissage du Bunun, la langue la plus répandue dans la zone, ceci afin de remplir au mieux son ministère.

Lorsqu’un prêtre autochtone (Bunun) devint curé de la paroisse de Guanshan, le futur cardinal Shan confia à Karl la paroisse de Taoyuan, dans le diocèse de Gaoxiong. Il fut le premier prêtre à vivre sur place : il fallut donc du temps avant que les gens de la montagne ne l’adoptent et le comprennent. Quand ce fut le cas, il reçut un costume local en cadeau : signe de réussite. Il appréciait particulièrement les deux principaux villages de la paroisse : Taoyuan (Pfirsichhain) et Meishan (Pflaumenberg), sans oublier les sources chaudes… jusqu’à l’ouragan Morakot de 2009 qui a tout détruit. Durant 2 ans, Karl a séjourné dans le village de Erjituan, à 1100 m. d’altitude, avec un brouillard quasi permanent… de quoi ressentir la solitude !

Une vie dans la joie

Nous avons tous connu Tschalaway comme un homme de nature joviale. Mais il faut savoir que cela n’était pas simplement donné. Lors d’une récollection qui avait pour thème ‘le clown’, il sut montrer comment le Christ savait se réjouir avec les gens heureux et pleurer avec les malheureux. Ce fut aussi la force de Tschalaway. Il était très sensible et pouvait souffrir quand il y avait manque de reconnaissance.

En revanche, Karl pouvait vraiment se réjouir, par ex. en admirant un paysage ou bien lors d’un dialogue autour d’un verre en refaisant le monde ! S’il n’en était pas ainsi, il n’aurait pas fait les cinq heures de route séparant sa paroisse de Taidong.

Une vie pour les autres

Karl avait toujours du temps pour les autres : combien de fois n’a-t-il pas servi de chauffeur pour les confrères ou pour mener un malade à l’hôpital. L’un des villages de la paroisse demandait 2 h. de route pour une demi-douzaine de fidèles ; ce qui ne l’empêchait pas d’y aller chaque mois pour y célébrer la messe.

Il était très soucieux du bien-être des familles et surtout des enfants afin qu’ils puissent suivre une bonne formation. Dans ce but, il sut trouver de nombreux bienfaiteurs en Suisse et à Taiwan en particulier pour les élèves du secondaire. Ceux-ci lui seront reconnaissants toute leur vie.

Les 5 derniers jours, à l’hôpital, alors qu’il était déjà dans le coma, les gens sont venus le visiter par centaines… entre autres une famille avec deux bébés : la jeune maman disait qu’elle avait pu aller à l’école grâce à lui. Des élèves lui ont chanté des chants en chinois et lui ont dit : « Nous t’aimons ! Jiāyóu (Vas-y!) »

Tschalaway nous a quitté, mais nous croyons qu’il jouit maintenant de la vie en plénitude promise par le Christ.

Photos de sa maladie
Requiem à Gaoxiong
Adieu à Taidong
Ange gardien des Bunun