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Décès de Fr. Lucien Vonlanthen †

Naissance4.6.1923Vonlanthen Luzian
Entrée dans la SMB23.9.1949
Missionnaire en Rhodesie/Zimbabwe
1952-1964
Serima, St. Anthony, Chikwingwisha1959-1964,
Administrateur de l’hôpital de Driefontein1964-1978
Administrateur du séminaire diocésain1979–1987
Coordinateur des hôpitaux du diocèse de Gweru1988-1998
Responsable de l’immobilier à la Maison-Mère d’Immensee 1999-2014
Décès23.4.2018

Principales étapes de la vie de frère Lucien Vonlanthen

Frère Lucien est né à Chevrilles, dans le canton de Fribourg, sixième d’une fratrie de 16 enfants. Après l’école, il poursuit un apprentissage de jardinier à Fribourg durant trois ans. En 1943, c’est l’école de recrue, puis le travail comme jardinier à Montreux et Winterthur, Zofingue et Scuol-Tarasp. En 1948, il entre au séminaire SMB à «Schöneck», fait son noviciat, s’occupe du jardin et suit un cours accéléré comme menuisier. Il est ainsi armé pour prendre la route de l’Afrique pour un engagement missionnaire au Zimbabwe (Rhodésie du Sud à l’époque). Nous sommes en 1951.

Fr. Lucien, un missionnaire doué et homme à tout faire

D’abord, à Driefontein, il étudie le shona, la langue et la culture locales : les cours le matin et l’après-midi, le travail pratique à la menuiserie et scierie du lieu. Au bout d’un an, il est appelé à Sérima pour aider le P. Gröber à édifier la nouvelle mission. Cela permet de construire une église à la décoration unique et de mettre en place l’école de sculpture typiquement africaine. Lucien y restera neuf ans.

Après dix ans, il a droit à un premier congé. Au retour, il est engagé à Saint Anthony’s, Zaka et à Chikwingwisha, Gweru. Puis vient l’appel urgent à retourner à Driefontein, mais cette fois comme administrateur du sanatorium et de l’hôpital de Muvonde. Là, il collabore avec des médecins américains, des infirmières blanches et autochtones, des volontaires de partout ; durant quinze années, il partage le sort de tout ce monde avec les patients. Il écrira alors qu’il a l’impression de ‘faire partie des meubles’.

Monseigneur Tobias Chiginya, voyant la grande capacité de Frère Lucien comme administrateur, le déplace au séminaire national à Chishawosha, Harare, pour y reprendre l’administration. Là aussi, il passe neuf ans de fidèle travail, ce qui lui permet aussi de bien connaître la capitale lors des achats hebdomadaires.

Par la suite, les diocèses de Gweru et de Mazvingo ont besoin d’une personne compétente pour reprendre la coordination des six hôpitaux et de neuf cliniques. Frère Lucien accepte volontiers ce nouveau défi :  une tâche complexe qui englobe aussi la coordination de la migration et des permis de travail. Après 7 ans, il peut passer la main à Sr. Alphonsa Tapererwa, une indigène.

Mais pas de repos, ni de retraite. Une nouvelle tâche l’attend : l’administration de l’Ecole normale de Bondolfi près de Mazvingo. La situation financière est catastrophique : les boulangers et bouchers ne veulent plus livrer leur marchandise à crédit. Alors, comment nourrir les 500 élèves ? Grâce à un contrôle strict du budget et de la comptabilité, frère Lucien va réussir, en trois ans et demi, de faire retrouver les chiffres noirs à l’institution.  Une belle réussite après 47 ans de mission au Zimbabwe !

1998 est l’année de son retour en Suisse. Il y sera responsable de l’entretien des bâtiments de la Maison-Mère à Immensee. Mais ses forces diminuent et en 2014, il entre à l’infirmerie de notre Maison jusqu’à son décès, le 23 avril dernier.

Fr. Lucien : un homme à admirer

D’abord, il était un vrai missionnaire avec une spiritualité saine et solide. Il était toujours disponible pour les tâches qui lui ont été confiées, sans jamais murmurer. Il était d’un caractère toujours égal et faisait preuve d’une grande sérénité. Il a toujours vécu de manière humble et simple ; malgré d’excellentes connaissances linguistiques : allemand, français, anglais et schona.

Et nous prenons congé de Frère Lucien dans cette dernière langue : «Chisarai enyu, garai mu rugare rwa Mwari, mazviita. Tichaonanazve.»

Josef Christen