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Décès de Frère Julius Felder †

Naissance26-05-1933
Mission à Taïwan comme architecte/ dessinateur, construction d’églises et autres bâtiments d’Eglise et privés1965–2005
Immensee : divers services, peintre de paysages2005–2015
Immensee : infirmerie2015–2018
Décès18-10-2018

Tout homme qui écoute ma Parole et la met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui bâtit sa maison sur le roc (Mt 7,24)

Je crois que ce passage de l’Evangile d’aujourd’hui doit plaire à Julius, car les maisons et les églises qu’il a construites ont de solides fondations. Mais en regardant le texte de plus près, nous remarquons que pour Jésus, il ne s’agit pas d’une construction en pierre. Il s’agit de „celui qui écoute ma Parole et la met en pratique ! “

Au séminaire de Schöneck, où je l’ai connu, puis côtoyé de nombreuses années, il a appris à approfondir sa foi. Ses talents de dessinateur – architecte n’étaient alors guère sollicités ; il s’est contenté de faire de la peinture en bâtiment. Mais il a quand même fait les plans d’une église destinée à la paroisse de Büren NW. Un vrai bijou !

Après un séjour de langue en Angleterre, il est envoyé à Taiwan en septembre 1965. Il met d’abord la priorité sur l’étude du chinois, mais on n’a pas oublié ses talents de dessinateur – architecte et il est sollicité pour planifier la construction de l’église de Changbin, la plus grande des quelque 40 églises dont il a fait les plans.

Dernièrement, j’ai pu écouter une conférence à Taidong sur les constructions d’églises à Taiwan. L’architecte qui présentait son travail de doctorat, a loué le style et les avantages des constructions des ‘Bethléemites’, tout particulièrement celles de Julius, des points de vue esthétique et pratique.  En effet, la plupart jouissent d’un éclairage indirect donnant sur l’autel, ce qui favorise le recueillement.

La plus grande de ses constructions est sans conteste le centre professionnel de notre confrère Franz Leimer. Mais Julius n’a pas construit que pour la SMB. À Tainan, il a construit un home pour personnes âgées tenu par les Sœurs de St Vincent de Paul.

Julius était toujours très précis et quand il remettait ses réalisations, c’était toujours dans un parfait état, sans que rien n’y manque. Il profitait de ses congés pour acquérir des objets introuvables sur place, comme par ex. des portes de tabernacle, des lampes du sanctuaires, etc. Lui-même bricolait volontiers : à Taimali, il a confectionné un champ de blé en mosaïque avec de petits restes de marbre sur le devant de l’autel.

Ses plans étaient des chefs-d’œuvre ; et on l’entendit souvent se plaindre des modèles imparfaits sur les ordinateurs de ses collègues. De fait, à l’occasion de son retour en Suisse, ses quelque 3000 plans ont été remis comme archives au musée préhistorique de Taidong. Ils peuvent être consultés par les apprentis et les chercheurs. En 2007, le musée en a fait une exposition. À cette occasion, Julius a reçu un diplôme en reconnaissance.

Après l’arrêt de ses projets de construction et surtout après son retour en Suisse – qui ne lui fut pas facile -, Julius a développé son penchant artistique en peignant nombre de tableaux de paysages.

Mais revenons à la spiritualité de Julius. De sa mère, il a hérité une profonde piété mariale. Lors d’un de mes congés, sa maman m’a confié une statue de la Vierge à placer dans sa voiture ; ce qu’il exécuta à la lettre. Lors de ses congés, il fit plusieurs pèlerinages mariaux à Lourdes, à Fatima et à Medjugorje.

Au quotidien, Julius sentait le besoin de plus d’actes religieux communautaires. À Taidong, sur sa recommandation, nous avons instauré une récollection mensuelle. Mais au quotidien il avait lui-même de la peine à se donner du temps libre. Quand il était captivé par son travail, il en oubliait les repas et le sommeil.

Il y a trois ans, Julius a dû déménager à l’infirmerie de notre Maison-mère à cause de problèmes de santé toujours plus aigus. C’est là qu’il a remis sa vie entre les mains du Seigneur la semaine dernière. Nous sommes reconnaissants envers Dieu de nous avoir donné ce précieux confrère et lui demandons de lui donner le salaire du bon serviteur.

Laurenz Schelbert